Sauver le soldat cuivre dès la campagne 2026!

Au ministère de l’Agriculture devant l’ANSES et les firmes, les organisations de la filière appellent à une décision urgente pour sauver le soldat cuivre dès la campagne 2026!

Paris, 20 mars 2026 – A la demande de la filière et sous l’égide du cabinet du Ministère de l’Agriculture ont été réunis l’ANSES, la DGAL, les représentants des firmes ainsi que nos organisations viticoles nationales (CNAOC – Maison des Vignerons, CNIV, IFV,  FNAB, FranceVinBio et FNSEA). Ce temps d’échange avait pour objet de présenter toutes les difficultés rencontrées par la filière suite aux décisions de l’ANSES de retirer les AMM cuivre en juillet 2025 et de trouver des solutions concertées pour une sortie de l’impasse dans laquelle se trouvent l’ensemble des vignerons français.

Une divergence d’analyse aux conséquences concrètes

Au cœur des échanges lors de la réunion : le mode d’évaluation utilisé par l’ANSES, objectivement plus restrictif que celui appliqué dans d’autres États-membres. L’ANSES confirme qu’elle ne prend pas en compte les études d’évaluation du risque dermal fourni dans les dossiers en complément du modèle européen contrairement aux autres pays du Sud (Italie, Espagne, Grèce…). De ce fait, pour un même produit, les décisions sont divergentes entre pays. Certains produits autorisés en Europe sont refusés ou soumis à des conditions d’usage plus strictes en France.

« Pourquoi un même produit peut-il être autorisé en Italie mais refusé en France ? Cette distorsion de concurrence et cette absence de visibilité sont incompréhensibles et très mal vécues sur le terrain » s’insurge Anthony Brun, Président de la Commission durabilité de la CNAOC – Maison des Vignerons.

 

Une distorsion de concurrence inacceptable en contradiction avec les politiques publiques

Cette divergence d’interprétation se traduit par une situation sans précédent à l’aube de la campagne viticole 2026, les viticulteurs français étant soumis à des contraintes plus fortes que leurs concurrents européens. Les vignerons sur le terrain se retrouvent démunis face à ces décisions. Le cuivre reste aujourd’hui une substance indispensable, en agriculture biologique comme en conventionnel, pour lutter contre le mildiou, en l’absence d’alternatives pleinement opérationnelles. Dans ce contexte, les décisions récentes apparaissent en totale contradiction avec les politiques publiques menées depuis plus de 20 ans et les efforts consentis par les vignerons, visant la transition agroécologique et le développement de l’agriculture biologique.

« Les décisions rendues par l’ANSES en juillet 2025 sur les AMM dessinent un avenir sans viticulture biologique » affirme Pascal Doquet, référent cuivre à la FNAB

 

Les demandes portées par la profession

Face à cette situation, plusieurs demandes fortes ont été formulées :

  • Mise en place d’un moratoire – suspendre les décisions de juillet 2025 dans l’attente de la réhomologation du cuivre au niveau européen, actuellement pilotée par l’Italie, prévue à l’horizon 2029 ;
  • Favoriser un dialogue systématique entre les firmes, l’ANSES et les professionnels en amont du dépôt des dossiers pour une meilleure visibilité et pour maximiser les chances d’homologation des AMM, en adéquation avec les besoins des agriculteurs ;
  • Harmonisation des méthodes d’évaluation au niveau européen à travers des AMM communautaires ;
  • Demande d’inscrire le cuivre dans le programme PARSADA pour trouver des solutions afin de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve les exploitants.

Les professionnels réaffirment leur attachement à une évaluation scientifique rigoureuse et indépendante. Ils appellent toutefois à un équilibre : des décisions fondées sur la science, et compatibles avec les réalités du terrain et les orientations publiques.

Le ministère et l’administration ont pris bonne note des demandes des professionnels. Afin d’expertiser et de faire aboutir ces différents points, il a été acté la création d’une plateforme de travail réunissant l’ensemble des parties prenantes sous l’égide de la DGAL. Un prochain rendez-vous politique est d’ores-et-déjà acté avant la fin du printemps 2026.

 

Présents sur la photo d’illustration : De gauche à droite : Bernard Farges (Président du CNIV), Pascal Doquet (vigneron bio en Champagne et référent cuivre à la FNAB), Sébastien David (Président de France Vin Bio), Pauline Heurtebize (FNSEA), Nelly Le Corre (en charge des sujets environnementaux à la FNSEA), Philippe Guérin (CNAOC – Maison des vignerons).