PAQUET VIN : Une boîte à outils en phase avec les attentes de la filière

Maxime Toubart et Jérôme Bauer, vice-président et président de la Cnaoc, reviennent sur les avancées majeures permises par l’entrée en vigueur du Paquet vin en Europe cette année.

Pour la filière vin, l’entrée en vigueur le 18 mars de la « boîte à outils » réglementaire du Paquet vin — texte proposé en mars 2025 par la Commission européenne — constitue une forme de « réponse à une crise inédite » de la viticulture européenne, abordant les problématiques de baisse de la consommation, du déséquilibre des marchés, ou encore du changement climatique, selon le président de la Cnaoc Jérôme Bauer, qui parle d’un « changement de paradigme ».

À plusieurs niveaux, le Paquet vin ouvre la porte de à de nombreux leviers d’adaptation. Jérôme Bauer mentionne notamment le renforcement des aides à la reconversion variétale et aux investissements liés au climat. La surveillance et la prospection contre la flavescence dorée pourront également être prises en charge dans le cadre du Plan Stratégique National lié à la PAC en France.

La nouvelle ayant résonné comme une victoire en terres champenoises, Maxime Toubart n’a pas manqué de souligner la limitation des plantations nouvelles à 0 % en AOP, en IGP et en vins sans IG, une mesure clé pour la Champagne en vue de sécuriser le marché.

Le régime des autorisations de plantation est quant à lui pérennisé, sans la date butoir de 2045, mais avec une clause de révision tous les 10 ans. Également, les replantations se voient mieux encadrées, avec l’interdiction des transferts de droits entre régions viticoles après arrachage.

Le Paquet vin apporte également une enveloppe de 5 millions d’euros sur le tourisme et la promotion des vins vers les pays tiers (lire encadré).

Ces avancées majeures pour la viticulture européenne incitent Maxime Toubart, également vice-président de la fédération européenne Efow, à saluer une « mobilisation collective forte » et « une méthode efficace » : « Cela montre le chemin à suivre pour les prochains combats à porter ; unis, nous sommes beaucoup plus forts. »

 

Annie Genevard : « Je veux simplifier la vie des opérateurs »

Invitée de marque du congrès de la Cnaoc, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a confirmé l’abondement de crédits de promotion dans le Plan stratégique national de la PAC, sur la base « des avancées permises par le Paquet vin » : 5 millions seront débloqués en faveur de l’œnotourisme cette année, et de même l’an prochain. Le tout afin de « défendre les positions françaises sur nos destinations historiques, et de partir à la conquête de nouveaux marchés et de nouveaux consommateurs. »

La ministre a formulé le vœu de « simplifier la vie des opérateurs aussi loin que me le permettront la loi et le cadre européen ». Cela se traduira par un cycle de réunions « visant à identifier les points noirs qui irritent les opérateurs », et la mobilisation « des administrations impliquées dans le cadre et le contrôle réglementaire du secteur. » Un groupe de travail formé avec le ministère des PME sera chargé d’examiner les simplifications demandées, aux côtés de la DGCCRF, de l’Inao et des représentants de la filière.

Enfin, concernant la saga judiciaire autour du cuivre, la ministre s’est refusée à commenter le choix de l’Anses de se pourvoir en cassation, mais affirme comprendre les réactions des professionnels touchés : « Le cuivre est une substance indispensable à la viticulture et particulièrement au bio. Aussi je comprends votre vive inquiétude et les réactions qu’ont suscitées les décisions de l’Anses de juillet dernier. » Le ministère assure soutenir la recherche d’alternatives, au travers du Parsada, et veut faire valoir un cadre d’exception à l’échelle européenne. « Le cadre d’évolution étant communautaire, j’ai demandé à mes services de faire remonter à la commission nos interrogations sur la spécificité du cuivre », a-t-elle annoncé.

Guillaume Perrin, La Champagne Viticole

Photo source SGV